La mise en scène de la dignité humaine au théâtre des ombres

Date de la conférence: mercredi 15 février 2017

Avec la mort, le défunt perd certes sa personnalité juridique. Sa personnalité humaine est néanmoins encore susceptible de produire des effets persistants, par un effet en quelque sorte « irradiant ». La mort représente alors ce passage de « l’être au ne plus être, ce qui implique que l’on ait été ».

Si plusieurs mouvements contemporains se conjuguent au profit de la survie d’une protection juridique du cadavre à travers le prisme de la dignité humaine – il n’est qu’à penser au Projet de loi 66 sur les activités funéraires, sanctionné en février 2016 au Québec –, l’affermissement du statut juridique du cadavre suggère une extension de la temporalité traditionnelle des droits attachés à la dépouille mortelle.

Embrassant la notion d’éternité, le droit québécois tend à juxtaposer au temps connu de la mémoire où le cadavre est protégé par ses proches, un temps nouveau de l’oubli où le cadavre est protégé par la collectivité. La présente conférence sera une occasion privilégiée de relever les temps de la mémoire et de l'oubli à travers le vecteur de la dignité humaine, consacré notamment dans la Charte québécoise, pour appréhender la protection juridique du cadavre.

Conférencier(e):
Mariève Lacroix

Ciblées essentiellement sur la personne humaine dans une perspective de droit privé et comparé, ses recherches sondent les particules d’existence juridique de la personne au regard de sa responsabilité civile, de ses droits fondamentaux et du statut juridique du corps, notamment au moment du décès.

Mariève Lacroix est vice-doyenne aux études, professeure agrégée à la Faculté de droit, section de droit civil, de l’Université d’Ottawa, et avocate.

Ses intérêts de recherche et d’enseignement en droit privé et comparé incluent la recherche fondamentale et certaines dimensions plus pratiques, qui s’articulent autour de trois axes:

- La responsabilité civile, dont elle renouvelle l’étude, la présentation et la compréhension par une analyse théorique fondamentale des concepts qui structurent l’édifice de la responsabilité en droit privé québécois et en droit comparé.

- Des réflexions critiques sur les droits fondamentaux de la personne suivant un arrimage de deux instruments normatifs, soit le Code civil du Québec et la Charte des droits et libertés de la personne, au regard de la réputation et de la vie privée notamment.

- Le statut juridique du corps humain au moment du décès. Elle propose une analyse transversale des droits de la personne, des biens et des obligations afin de favoriser un traitement adéquat du cadavre humain.

Sur ce dernier volet, la professeure Lacroix a co-rédigé avec M.Jérémie Torres-Ceyte, docteur en droit privé, un « Requiem pour un cadavre », à paraître dans la Revue de droit de McGill, au printemps 2017. Elle est co-auteure d’un ouvrage collectif transdisciplinaire à paraître aux Éditions Yvon Blais sur le Corps des morts (2017). De même, elle donne des conférences dans des cadres professionnel et universitaire, au Québec comme à l’étranger. Elle a été invitée à présenter notamment sur le sujet de la mort et son appréhension en droit à l’Université Paris 1 (2012) et à l’Université de Cergy-Pontoise (2014), et a organisé un Colloque intitulé « Rencontre autour du cadavre humain. Regards de l’histoire, la médecine, l’éthique et le droit », à l’Université d’Ottawa (2013).

Profil sur le site de l'Université d'Ottawa

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